30 € par ci…30 € par là bas si j'y suis

J'avais tellement de choses importantes à faire aujourd'hui : les courses, passer l'aspi, ranger, aller à la poste, aller courir… et me voilà devant mon clavier, la clope au bec. Et ben, bravo !
C'est la faute à Arte-Radio qui m'a incité à écouter l'hommage d'Olivier Minot à Daniel Mermet. Et puis, bon sang mais bien sûr, je suis allée à la recherche de là bas, pour voir qui y est. Et il y a du monde ! L'émission que vous connaissez bien et qui a été virée cet automne des ondes public après plus de 20 ans de service continue sur le net. Le fameux répondeur et la voix si familier de Daniel-tout-court… Il y avait des larmes de regret cet été et encore des larmes, de soulagement cette fois, à la rentrée. Ça y est, nous sommes sauvés. Même si je refuse d'aller sur facebook et twitter, je fais finalement partie d'une communauté, celle de LBSJYS. Et moi aussi, je suis drôlement soulagée. Ah, le net. Quel remède à la solitude.

Alors j'ai eu envie de crier Hourra ! De vous annoncer la bonne nouvelle : Ne déprimez plus, bonnes gens ! Mermet est de retour ! Quoi de plus naturelle que de faire de la pub pour nos amis, même virtuelles, de Là-bas si j'y suis ? N'y a t-il pas derrières ces voix des neurones et des estomac qu'il faut bien nourrir, soutenir, pas que moralement, mais par le sous ? Comment voulez-vous que Mr Mermet aille là-bas pour nous rapporter ce qui s'y passe ? A pied ? Du mur de Berlin (première émission) jusqu'au Rwanda (une des dernières) ? Il faut des sous pour mettre du carburent dans sa moto ! Je vous le dis. Il a besoin de sous. Il n'y a pas à tortiller du cul. Allez, 30 € pour l'année, 10 € pour les sans sous, 50 € pour les nantis avec plus de 2000 € par mois.
Et voilà que pointe le nez de l'autocensure. Fichtre ! Moi. Moi qui essaie de sensibiliser les copInes à donner un coup de pousse (si possible régulier) à Tvnet, notre média citoyen de l'ici où je suis. Moi qui essaie d'attirer l'attention sur l'urgence, sur le besoin de soutien concret de ce site-même sur lequel j'écris en ce moment, moi, je ferai de la pub pour d'autres ? Faudrait-il pas mieux passer la renaissance de LBSJYS sous silence (les vrais accros retrouverons ses traces tout seul). Comme ça il restera peut-être un peu de sous pour Tvnet ?

Quel horreur. Quel crève-cœur. Quel dilemme : nous arrivons finalement à mettre en concurrence financière toutes ces belles voix du net. Tout ces gens qui font du bien au neurones et à la morale. Toutes ces bonnes initiatives. Toutes ces bonnes volontés. Que choisir alors ?
Voilà un argument à prendre en compte : il y a une différence entre LBSJYS, Médiapart, Arrêt sur image etc… et Tvnetcitoyen : cette dernière parle de notre entourage direct, notre territoire. Ça parle de politique d'ici, là, où commencent en petit les magouilles et conflits qui deviendrons grand un jour. Là, où il s'agit de l'espace vert ou bétonné qui nous entoure physiquement. Là, où se battent des gens que nous croisons dans la rue. Là, où germent des initiatives utiles qui ont, eux aussi, besoin d'un relais médiatique. Sinon, au lieu de s'informer, on se déplace tous pour dénicher ces initiatRices et pour les rencontrer nous-mêmes (ce qui serait l'idéal, mais bonjour le bilan carbonique !). On peut aussi éteindre la radio, la télé et internet. On reste à la maison, on s'occupe de rien, et on plante des patates dans son jardin. Bel argument. Bizarrement nous semblons tous porter la veste sous la chemise désormais, moi en première qui suis abonné à Médiapart. Oui, quel dilemme.
C'est qu'on n'est pas aidé : Le service public a viré une des meilleures émissions à la radio. Le PS a bien eu ceux qui croyaient encore en lui : pas de soutient pour les médias citoyens. Que fait le département, la région ? Et les mairies ? Rien non plus de ce côté (d'après mes dernières nouvelles). La solution à long terme, m'est avis, c'est le revenu de base. Comme ça, tous les Daniels et Tvnet de la terre auraient le sous qu'il faut et pourraient partager gracieusement leur talent sans nous demander continuellement de l'argent.
Mais en attendant que ça arrive je m'associe au slogan de là-bas si j'y suis : Investissez dans la chute du capitalisme. Faites un don ! Et pour la question du choix et la tranquillité de conscience - bonne chance !
sb

