Adieu Philia

Pourquoi faire de l'Internet quand l'absolu minimum du vivre-ensemble n'existe même pas ? Internet pourrait être, devrait être : la cerise sur le gâteau, mais y'a pas de gâteau, tout est verrouillé, empêché, stérilisé, partout, et personne ne réagit.
[Internet les emails les SMS] ce pack pharmacologique est une vraie tragédie à l’œuvre, car il offre nouvellement la possibilité au genre humain de s'affranchir de l'autre, de passer outre la rencontre, d'éviter le risque d'un dialogue vrai et d'une parole vraie. On a maintenant la possibilité d'éviter l'odeur de l'autre et la société s’engouffre avidement, sans réfléchir, dans cette erreur monumentale, finale, eschatologique, pourrait-on dire. Ces outils sont absolument mortels sans conscience, sans effort intense de conserver l'exigence permanente de la rencontre, du contact vrai. Comme pour la voiture ou autres pharmaka individuels qui confèrent une certaine puissance, ils font de nous des tyrans les uns pour les autres. Envoyez-nous un mail, est désormais la réponse que l'on nous fait, alors que nous voudrions pourtant, parler, être compris, comprendre l'autre, dialoguer, d'égal à égal,... etc.
Je ne pose au final qu'une seule question (plusieurs en une) :
Pourquoi est-ce que nous ne pouvons pas nous TRANSINDIVIDUER dans l'espace public ?
Pourquoi n'y a-t-il pas d'espace public digne de ce nom (la mise en commun des actes et des paroles) ?
Pourquoi la parole est-elle éternellement aristocratisée et gérée de façon oligarchique ??? (Alors que la vraie révolution est, et sera toujours, quand le peuple se met à PARLER, à se RENCONTRER ( = la philia), et à formuler ce qui ne va pas et ce qu'il désire).
Pourquoi part-on toujours du principe qu'il y aurait 1000 personnes avec un cerveau, un savoir, des choses à dire, et une capacité de parole dans ce pays ??!!!!?
Pourquoi continue-t-on de se laisser berner par les statuts, les grades, les titres, les diplômes, alors que le vieux monde n'est pas viable ?! (N.B. : le combat pour la vraie démocratie est en train d'être ARISTOCRATISÉ, et je trouve ça vraiment moche).
Pourquoi y'a-t-il des milliards et des milliards de rétentions tertiaires virtuelles d'un côté et l'impossibilité de se rencontrer de l'autre ?
Pourquoi les gens partagent-ils ce qu'ils savent, aiment, pensent, conçoivent, souffrent, font, sur Internet et pas en vrai, là où ils sont, en présenciel, HIC ET NUNC ?
Pourquoi, partout, des petites oligarchies organisatrices PRIVATISÉES qui se la pètent, FONT VENIR LA PERSONNE CONNUE - L'ARISTOS DE LA CHOSE et NE REGARDENT JAMAIS, ET NE METTENT JAMAIS EN ŒUVRE, LA RICHESSE HUMAINE QU'IL Y A AUTOUR D'EUX ?
Vous dites que les choses avancent, c'est faux, on est toujours au point zéro, car on avance uniquement quand on peut cheminer ensemble, quand on peut se transindividuer (et je ne crois pas à cette transindividuation virtuelle, qui nous conduit tous à vivre par écran interposé) et on ne peut que constater le recul net de la philia (peurs, paranoïas, calomnies, rumeurs, caméras de vidéo-surveillance, contrôles, surveillance, dépressions, alcoolisme, drogues, psychiatrisation de la moindre déviance, difficultés pour se parler, pour se mettre d'accords, pour partager, pour échanger, etc.).
J'en ai assez de hurler cela car je le hurle depuis des années. Je redonne mes numéros de téléphone à ceux que j'aurais peut-être réussi à interpeller là-dessus : 04 79 75 11 73 / 06 77 78 79 46.
J'appelle aussi toujours à être soutenu dans mes déboires judiciaires quand la cause de ces déboires est uniquement la recherche permanente de la transindividuation réelle et locale, de l'égalité, et la lutte contre leur absence.
Depuis des années, voire depuis toujours, mon but est la philia et de rester non-puissant, de ne jamais avoir d'autorité ou de pouvoir sur quiconque, de ne prendre la place de personne, de ne représenter personne, de ne parler qu'en mon nom propre (et de corrélativement, n'être jamais représenté par quelconque kratos extérieur à moi (groupes, partis, doctrine) pour avoir plus de force).
Depuis des années mon but, ma direction, n'est pas MON expression, mais l'expression de tous (mais y compris la mienne), celle du peuple, de faire en sorte que ceux qui ne parleraient pas, parlent. Je n'ai jamais voulu être choisi, préféré, tirer mon épingle du jeu, me faire une place, devenir un quelconque aristos/expert, être médiatisé, starisé, sortir du lot, car c'est l'égalitarisme qui m'anime au plus profond de mon être et qui est éternellement le moteur de mes actions.

J'ai toujours tenu bon sur ces principes premiers (certains, rares clairvoyants, heureusement, le voient et le savent) et je tiendrai toujours. Aussi, il m'est devenu insupportable que certains autres cherchent souvent à dénoncer une volonté de puissance ou d'autoritarisme de ma part, quand cette puissance est de fait et de volonté, totalement absente, et quand ces mêmes personnes ne s'attaquent jamais de la même manière à leurs vrais maîtres. Il s'agit des mêmes qui percevront ma non-puissance non comme une recherche sincère de la vertu, mais comme le signe d'une médiocrité. Je ne gouverne personne, sauf moi et C'EST UN CHOIX, une façon de mener ma vie, une recherche. La majorité des humains organisent leur puissance de mille manières, alors il est souvent difficile à cette majorité de comprendre qu'on puisse chercher à faire exactement l'inverse. Pourtant l’œuvre de non-puissance, couplée à l’œuvre de l'esprit, restera toujours le seul véritable chemin de la réalisation de soi.
NDLR La Philia n’est pas simple amitié au sens courant d’aujourd’hui Comme le note Benveniste (Le Vocabulaire des institutions indo-européennes) le mot Philos a trois sens. Ami et Possession, chez Homère Il signifie aussi (filein)“baiser�?,qu' il faut entendre, ici comme “faire des baisers�?. Autrement dit « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. » comme l'a dit Montaigne.

