Affaire Bygmalion : Dominique Dord placé sous le statut de témoin assisté

L’enquête sur l’affaire Bygmalion suit son cours. Dominique Dord, député-maire d’Aix-les-Bains, président de son agglomération, et trésorier de l’UMP au moment de la campagne électorale de 2012, a une nouvelle fois été entendu par la justice.
Au début de cette affaire, sa première ligne de défense avait été de dire qu’il n’était au courant de rien. Qu’il ne faisait que signer des chèques pour des factures validées en amont par d’autres. Changement de discours lors de sa nouvelle audition. Cette fois, il met en cause une utilisation abusive de sa signature électronique*. Une explication à laquelle Fabienne Liadzé, ancienne directrice des ressources de l’UMP, mise en examen dans le cadre de cette affaire, ne semble guère croire.
L’élu savoyard a cependant, par ailleurs, repris sa ligne de défense initiale. Arguant à nouveau que le rôle d’un trésorier se limiterait à signer pour payer des factures. Une affirmation en contradiction avec les statuts de l’UMP. Qui disposent que le trésorier est responsable de la gestion des fonds du parti. Mais aussi qu’il élabore son budget (voir extraits ci-dessous). On est donc bien loin du simple rôle de signataire. Si, comme le pense les enquêteurs, un système de fausses factures a bien été mis en place pour couvrir le dépassement du plafond autorisé pour la campagne de Nicolas Sarkozy, les dépenses correspondantes n’étaient, par la force des choses, pas intégrées au budget de l’UMP. Les sommes en jeu étant colossales (plus de 18 millions d’euros), comment expliquer que le trésorier du parti n’ait pas été alarmé par ces dépenses non budgétées ? A fortiori si, comme Dominique Dord l’affirme aujourd’hui, les paiements des factures correspondantes ont bien été validés « à l’insu de son plein gré » (comme dirait l’autre).

