Alain Mossé, chambérien, résistant juif ayant sauvé de nombreux enfants de la déportation, n’a pas de rue à son nom. Pourquoi ?

Après Jean Moulin, Alain Mossé (1) fut chef de cabinet du préfet de la Savoie, a à peine 20 ans ( Janvier 1940-Février 1941).
Il fût exclut de cette fonction à cause du statut des Juifs du 3 octobre 1940 interdisant à ces derniers de nombreux métiers.
Quand l’Organisation de Secours aux Enfants (2) , déménage son siège national en Savoie en février 1943, Alain Raoul Mossé, en sera une cheville ouvrière importante en tant que “ Chef de service du personnel“, puis il sera nommé délégué départemental de UGIF (3) auprès des autorités préfectorales de Savoie.
Selon l’historien, Cédric Brunier, le bureau de l’OSE, « s’emploie à faire sortir des juifs étrangers des camps Français, pour les placer en Savoie, dans des familles non-juive ou dans les centres de L’UGIF (ce qui représentent 14 maisons abritant 1145 enfants).
Il multiplie les démarches, soutient les projets légaux ou illégaux pour sauver des personnes en danger. Les besoins sont énormes, les moyens limités. »
L’OSE va assister plus de 2000 enfants en connivence avec le réseau clandestin “Garel“, qui font passer les enfants juifs en Suisse.
Le 8 février 1944, la Gestapo fit irruption au siège de l’OSE,6 rue basse du Château (4), où l’ensemble du personnel fût arrêté et interrogé violemment.
Alain Mossé a été déporté et assassiné à Auschwitz.
Ce jeune résistant chambérien mériterait un nom de rue à son nom. La Mairie (Benoit Cérino) n’a pas répondu à notre demande d’information.
NOTES
- Pour réaliser cet article nous nous sommes appuyé sur l’ouvrage de Cedric Brunier « Les Juifs en Savoie de 1940 à 1944 » et sur le site internet « Histoire de l’OSE » https://www.ose-france.org/notre-histoire/
(2) OSE a été “fondée en octobre 1912 par des médecins juifs de Saint-Pétersbourg, pour venir en aide aux populations juives de l’empire tsariste, l’OSE essaime rapidement dans les pays d’Europe centrale et orientale, avant d’installer son siège à Berlin. Avec la montée du nazisme, l’association se voit contrainte de quitter l’Allemagne pour Paris, où elle fonde en 1934 le comité français de l’Union OSE.
(3) La loi du 29 septembre 1941 institue Union Générale des Israélites de France par l’occupant allemand. Toutes les organisations juives sont dissoutes et sont obligés d’intégrer UGIF, ce que fera l’OSE.
L’UGIF deviendra l’interlocuteur auprès des autorités occupante et de Vichy.
(4) 6 rue basse du château, une plaque a été inaugurée le 12 novembre 2012, au pied de l’ancien local de l’OSE, avec cette inscription : « Ici le 8 février 1944, tous les membres du bureau de l’OSE-UGIF furent arrêtés par la Gestapo et déportés à Auschwitz-Birkenau. Aucun ne revint.Alain-Raoul Mossé, le directeur, Julius Abrahamer, Jean-Claude Clafftre, Georges Epstein, Emeric Fiser, Martin Horowitz, André Lévy, Simone Sadik, Fanny et Simone Scheimann, Une pensée pour eux. »

