Bien vieillir ou mal vieillir.

Quand on relit le texte de Foucault suivant : il est clair que la possibilité est donnée à chacun de bien vieillir ou de mal vieillir (avec bien-sûr tout un spectre de possibilités entre les deux).
Ce bien vieillir, on peut donc le commencer dès l'âge de 20 ans si on comprend bien ce que nous dit Foucault.
Mais ce bien vieillir n'aura pas pu atteindre les générations nées entre 1930 et 1960 (exceptions mises à part), à cause d'un fait historique majeur (qui est le fait historique principal du XXe siècle) : le biopouvoir issu des industries culturelles (couplé à l'Éducation Nationale) visant à impacter massivement et durablement les consciences par des monticules infinis de sornettes utiles au capitalisme consumériste et à l'hypercontrôle des masses.
Ces générations ont été totalement impactées depuis leur naissance par le mode de vie diffusée par la propagande de masse. Ces générations se superposent totalement à l'apogée de l'histoire du cinéma, de la radio et de la télévision (les industries culturelles).
La critique des industries culturelles n'a véritablement commencé que dans les années 70 (un peu avant avec Adorno et Horkheimer), pour obtenir les premiers effets dans les années 90 et 2000 (avec une masse notoire qui balance enfin leur téléviseur par la fenêtre et entame les réflexions sur la décroissance).
Les générations (1930-1960) ont souffert de la crédulité de A à Z. Ils ont bouffé de la propagande comme jamais aucune génération n'en avait bouffé dans l'histoire et des milliards d'existences ont tenté de se faire à partir de cette propagande de masse. Mais on ne peut pas à la fois s'adapter aux désirs du système capitaliste (en bouffant crédulement sa propagande permanente), et vieillir comme Foucault ou les philosophes le préconisent (voir lien ci-dessus), c'est antinomique.
C'est ainsi que nous débouchons sur une époque avec une masse énorme de gens plutôt vieux (population française plutôt vieille) qui découvrent à quel point ils ont été crédules et bernés de A à Z (comme aucune autre génération avant eux). La part d'entre-eux qui passent aux aveux tranquillement et acceptent les permutations nécessaires dans leurs cerveaux et comportements est extrêmement faible. La grande majorité maintient de force le voile de l'illusion devant leurs yeux. Tout se craquelle, le décor en carton-pâte fiche le camp, on sait bien qu'on a vécu dans le faux, que tout est faux, qu'on a vécu pour enrichir les multinationales, les banques et détruire la planète, qu'on s'est gavé comme des porcs, qu'on a été CRÉDULES et niais, des béni-oui-oui, mais on veut l'emporter avec soi dans sa tombe. Ils savent qu'ils ont mal vécu, alors ils veulent mal vieillir et pour ça la meilleure façon, c'est de se venger sur les nouvelles générations en empêchant tout changement (qui mettrait en lumière inévitablement et directement leurs abyssales erreurs).
En vieillissant, ils ont souvent acquis du pouvoir (propriétés, carrières, argent, grades, pouvoir politique etc.). Et au final, les vieux-cons sont partout présents dans toutes les instances pour empêcher que de nouvelles vues (et modes de vie) existent car ceux-ci risquent fort de montrer combien ils ont mal vécu, combien ils ont été crédules, combien ils se sont fait avoir, combien ils n'ont rien fait de « bien », combien ils ont tout laissé faire/pourrir. Ils ont laissé l'environnement se dégrader totalement sans rien faire : jamais ils ne l'admettront, ce sont des vieux-cons aigris et méchants. Des gens qui ont mal vieilli. (En plus, nombreux d'entre-eux sont souvent en même temps les fachos de la chansons de Brassens : la ballade des gens qui sont nés quelques-part : https://www.youtube.com/watch?v=m-Y7XjWPQfU (Version Tarmac)). La France en 2016 est majoritairement remplie de vieux-cons fachos. Pardonnez-moi ce langage simpliste qui résonne comme de la tarte à la crème (indigne peut-être de la philosophie), mais je ne parviens pas à lutter contre cette sensation au fond de ma tripe.
On pourrait dire que l'histoire se répète, mais je ne crois pas, à cause de l'existence au XXe siècle des industries culturelles et de l'Éducation Nationale (faits nouveaux). Les vieux-cons à l’œuvre actuellement, sont vraiment les plus cons depuis que le monde est monde. Et ceux qui veulent œuvrer ne savent plus du tout quoi faire d'eux. Comment donc les congédier, et leur donner de la soupe pour qu'ils se taisent ? Ils sont le cerveaux en vrac, pété par des décennies de PROPAGANDE CAPITALISTE. On voudrait pouvoir « travailler » en paix, pouvoir aggrader ce monde que nos aïeux ont totalement détruit sans que ceux-là même qui l'ont détruit nous en empêchent. A un moment c'est STOP !!!! Sauf que les super-vieux-cons actuels pourraient être battus par les suivants qui auront eux été encore plus atteints que leurs parents, par la gouvernementalité algorithmique et la disruption actuelles. ...

