Burkina Faso : vers la guerre civile ?

Fidèle au travail d’information que nous réalisons sur ce pays depuis notre apparition sur le net ( juin 2010 ) nous vous donnons quelques nouvelles du Burkina Faso sur la Tvnet, car il ne faut pas compter sur l’association Chambéry Ouahigouya pour en avoir, malgré l’ensemble des ressources à leur disposition (finances, voyages multiples des apparatchics locaux de la bonne conscience etc...)
Depuis hier mardi 28 octobre 2014 , s'est déroulé dans tout le pays des manifestations jamais vu jusqu’à présent (les organisateurs parlent d’ 1 millions de personnes), pour protester contre la volonté du Président Blaise Compaoré, au pouvoir suite à putsch militaire en 1987, de modifier la constitution (art 37), afin qu’il puisse lui, sa famille et son clan, rester au pouvoir jusqu’à sa mort.

Après plus de 27 ans de pouvoir sans partage, c’est jeudi 30 octobre 2014 que l’assemblée examinera cette proposition.
Les syndicats ont appelé à une grève générale ce mercredi 29 octobre, les sites d’infos burkinabé en ligne, dénoncent depuis des mois, «des tripatouillages et une course folle vers le précipice.»
Le clan Campaoré et ses disciples ne sont pas isolé dans la région puisque les présidents du Burundi, du Congo, de la République “Démocratique“ du Congo, du Rwanda, s’activent aussi à préserver leurs rentes présidentielles à vie.

La France, grand classique de la diplomatie, joue sur plusieurs tableaux d’une part fortement présente dans le “conseil en administration institutionnelle “ et dans les financements, elle peut réagir d’autre part, sans vergogne, en demandant au chef de l'Etat burkinabé de se conformer à la charte de l'Union africaine sur la démocratie et la bonne gouvernance. L'article 23 (...) prévoit un certain nombre de possibilités pour réviser les constitutions mais qui spécifie bien que les révisions constitutionnelles dont l'objectif est d'empêcher l'alternance sont proscrites par cette charte, a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangère Romain Nadal, lors d'un point presse.... c’est beau mais cela n’aura aucune conséquence.

On pourrait en rire et se gloser, mais ce serait oublier les souffrances que vivent depuis des décennies les burkinabé. Ils voient depuis quelques années leur pays devenir un pays riche (ressources minières) mais se faire piller par les multinationales avec la complicité de la communauté internationale, la France et son réseau de coopération, qui continuent de verser des sommes importantes .
Comme disent les burkinabés : Avant de nous sauver, l’or va nous tuer
Ces multinationales non comptant de se goinfrer en milliard de dollars, polluent et détruisent les écosystèmes des territoires qu’ils exploitent.
Pour informations : -102.444 enfants ont été repérés comme souffrant de malnutrition aiguë sévère 38% des enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent 570 mineurs ont été incarcérés dans les prisons de Ouagadougou, Bobo Dioulasso et Tougan. (Sources: Tdh, UNICEF, PNUD).

Ne nous étonnons pas que depuis des années les tensions ne cessent de monter et à chaque fois franchissent des degrés inquiétants.
Assimi Kouanda secrétaire national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti au pouvoir indiquait hier dans une réunion de son parti «Vous avez suivi ces derniers jours l’accélération des événements, mais cette accélération est une bonne chose parce qu’elle nous conduit vers la direction que nous avons souhaitée....Vous avez constaté des activités hors-la-loi qui se préparent. Il nous revient de nous organiser pour défendre nos idées, nos personnes, nos biens et les biens de l’Etat. Préparons-nous parce qu’il y a des gens qui croient que l’alternance est une sécrétion mécanique.
S’ils vont brûler une maison, il faut qu’au retour, ils trouvent que leur maison aussi brûle. Comme ça, on va s’entendre. Est-ce clair ? (sources L'Observateur paalga)
« La patrie ou la mort, nous vaincrons ». C'est le cri de ralliement révolutionnaire, que les observateurs entendaient dans la manifestation de mardi, slogan cher au feu président Sankara, le martyr, assassiné dans les années 80.
A lire l’ensemble des réactions venant de ce pays depuis des semaines, il ne faut pas être un grand clerc, pour affirmer que le Burkina Faso, n’est pas menacé par le virus Ebola, mais bien par le clan Compaoré, qui pousse son pays vers une guerre civile.

