Cachez moi ces réfugiés que je ne veux pas voir !

Quelle étrange Europe, quelles étranges pays, qui depuis des décennies portent la famine et la guerre avec ces alliés aux quatres coins du monde arabe, africain et musulman et s’étonnent de ces conséquences. Millions de morts, millions de réfugiés, dizaine de milliers de morts, dans l’exode et dans la mer méditerranée, que l’on pleure hypocritement.
Qu’elle étrange Savoie, qui oubli sans vergogne le propre exode de sa population fuyant la misére de ses vallées, au milieu du XIX siècle, et allant conquérir les pays de la Plata, de l’Alberta, du Brésil, du Chili.
Chambéry, qu’elle ville étrange, qui héberge une caserne de chasseurs alpins (qui n’ont pas toujours été les bienvenus chez les savoyards) et qui ne cessent de maintenir le pouvoir de la France sur une partie de l’Afrique, controlant et empêchant son développement même.
Et alors que depuis des mois, à peine une centaine de réfugiés erre dans Chambéry, la plus part; enfants, familles, mineurs isolés, célibataires, sans abri, sans logement, la réponse de l’Etat et de la ville, est d’une part l’aide du bout des doigts, de peur de se salir surement, mais plus perfidement en laissant la situation se dégrader, se pourrir, en espérant insidieusement, sans doute, dans le climat vichyste dans lequel nous nous trouvons, que «la masse silencieuse» et les médias dominants feront le sale boulot dans l’opinion publique, pour légitimer leur rejet de tels individus, suspects potentiels.
Comme on le sait, tous, ce terrain est proprice aux déferlements de la haine raciste qui se tapit de moins en moins dans l’ombre et porte ses coups dans la nuit sans jamais être trop inquiété.
A Chambéry, même, nous sommes bien là, dans une des conséquences d’une nouvelle économie politique des réfugiés, comme l’appelle Slavoj Zizek. Nous sommes spectateurs de la construction d’un nouvel ordre, dynamique du capitalisme mondial, qui se dessine sous nos yeux, et qui instaure déjà des camps, des zones d’esclavagisme et d’apartheid, dans nos villes, mêmes. Si sans aucun doute, ni délai, nous devons secourir en bas de nos rues (et saluons, ici, l’engagement remarquable des nouveaux “Justes“, que sont les bénévoles), nous devrions , tous, nous mobiliser pour empêcher qu’une telle barbarie qui a pour nom “ la puissance de la France“ n’advienne. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, ce système politique et économique montre son vrai visage et dit “oui ! à la fabrication de la paupérisation“ et à la chasse, tout azimut de la plus grande partie de la population. C’est peu de dire que l’action des forces politiques de notre pays, est comme un tison, qui attise la misère, la tragédie humaine et au final la haine radicale (ou Dieu et Allah ne sont que des décors) qui n’est qu’une vengeance à retardement contre la tartufferie insupportable de l’Occident.

