DE L'INEGALITE PERSISTANTE POUR LES HANDICAPES...

Je ne rencontre pas assez une collègue handicapée, habitante du quartier. Non pas que j'éprouve quelques sentiments difficiles pour ces personnes que la vie, la maladie, n'ont pas épargnées, mais parce que nos chemins ne se croisent pas assez.Justement, l'autre jour, près de la place d'Italie, ce fut une de ces rencontres de hasard qui fait plaisir de revoir l'autre, tout en regrettant de ne pas avoir fait le pas vers l'autre avant.
Civilités. Banalités d'usage et la voila qui m'interroge sur les dernières décisions municipales prises par le Conseil Municipal en plein été, concernant l'accessibilité des handicapés dans les services et équipements municipaux. J'avoue ma gêne d'ignorer le sujet, absent de la ville à cette époque.
Remontée, elle me compte par le menu cette soirée encore inoubliable pour elle.
– Te rendstu compte que le sujet a pris un tiers du temps du conseil, malgré le nombre important de sujets traités ce jourlà ?
Effectivement j'ignorais...
– Malgré la loi de 2005, avec un délai de dix ans pour mettre en conformité les lieux municipaux... Ils n'y sont pas arrivés. Tu vois un peu la considération qu'ils ont pour nous, nous autres citoyens affaiblis ?
Je m'excusais encore. Confus.
– Tu sais combien cela représente rien que pour Chambéry ?
– Hélas non. Dismoi.
– 10 millions d'euros. C'est une somme non ?
Je n'eus pas le temps de confirmer... elle enchaîna sur les investissements réalisés pour des joueurs, des spectateurs, des artistes... pour la construction du Phare... Un symbôle que l'argent dépensé était bien disponible... mais pas pour les gens comme elle.
J'étais d'accord.
– Tu as une idée du retard que nous avons dans notre ville ?
J'allais bredouiller de ma parfaite ignorance du sujet... mais elle poursuivit :
– Sur 186 bâtiments, seuls 15 sont conformes. 15 seulement. Même pas 2 par an
qu'ils ont réalisé pendant dix ans... Dame Laclais et autres comme tu dis...
Incroyable non ?
Je confirmais penaud. Elle m'indiqua que la majorité actuelle s'engageait pour réaliser 2 millions de travaux pour rattraper le retard. A peine un cinquième des travaux nécessaires.
Et encore, ajoutatelle, en les effectuant en dix ans...
D'une formule elle résuma le désastre : A ce trainlà, quand ils auront fini, je serai morte.
Je compatissais. Elle me quitta. Son véhicule hocqueta et roula silencieusement. Sa tête était secouée. Je ne sais si cela était l'effet des secousses sur le pavé. Ou par colère.
Ma compassion n'était qu'un geste bien faible. Une attention bienveillante au sujet des difficultés des handicapés. Je restais impuissant devant cette situation. Pourquoi n'y atil pas davantage de réactions pour aider nos concitoyens en difficultés ? Que penser des élus, hier dans l'opposition, qui n'ont pas porté sur la place publique ces informations là, et aujourd'hui s'étonnent du retard faramineux à réaliser ?

