Défiance des politiques : un mal national et local

Notre pays, la France, traverse une grave crise de méfiance à l’égard des dirigeants politiques, sans morale aucune, corrompus et fraudeurs. Seules quelques « têtes d’affiche » font l’actualité mais le mal est bien plus répandu et touche tous les niveaux de décision, des sommets de l’Etat jusqu’à la cellule de base de notre République : la commune.
Voglans n’y échappe malheureusement pas comme nous l’avons vu avec l’achat surévalué et par pur favoritisme du terrain de 720 m² à 430 000 euros (un coût qui approche aujourd’hui les 500 000 euros, intérêts compris, pour les finances communales… ) et comme nous le voyons encore dans un article récent et ci-joint de l’Essor savoyard du 25 septembre dernier, page 12.
En effet, dans cet article très détaillé et révélateur des aspects les plus troublants de ce dossier, le maire explique, en quelque sorte dans un stupéfiant aveu, qu’il serait prêt à repasser par toutes les étapes de cette affaire du restaurant de la Prairie.
Voir également le dossier sur le bulletin Voglanais
Il serait donc prêt (avec tous les membres de sa majorité d’alors qui l’ont soutenu dans ces dérives ?) à faire de nouveau effacer les traces d’un incendie criminel par des travaux dont le but était de chasser le restaurateur détenteur d’un bail jusqu’en 2014 afin de favoriser la venue d’une association chambérienne (amie ?) dont la raison sociale est la formation….
Il serait donc prêt à faire de nouveau cela à la barbe des juges qu’il avait pourtant saisi avec le conseil municipal afin de faire constater que tout le restaurant avait été détruit par, justement, cet incendie criminel.
Il est d’autant plus prêt à le refaire que ce sont toujours les contribuables voglanais qui payent et non pas lui. Aussi peut-on croire que lui et ses colistiers vont démissionner après un tel aveu ?
Bref historique accusateur :
Le 15 septembre 2009, le tribunal ordonne la clôture de l’instruction du procès intenté par les élus de Voglans contre le restaurateur de la zone de la Prairie pour lui casser son bail. Pendant cette instruction, les élus de Voglans ont été incapables de prouver, comme l’indique le jugement du tribunal de Grande Instance du 17 décembre 2009, que l’incendie criminel avait détruit la cuisine car ils n’ont fourni aucune photographie de la cuisine, aucun avis technique ni aucun rapport de visite émis par l’assureur de la commune. L’audience publique fut fixée au 2 novembre 2009, retenez-bien cette date ;
Le 5 octobre 2009, l’ensemble des élus de Voglans en accord avec le maire, vote une délibération pour lancer des travaux de requalification des bâtiments de la Prairie, dont le restaurant incendié, pourtant objet du procès en cours lancé par les mêmes élus de Voglans. Mais comment ont-ils pu faire cela ?
Le 9 octobre 2009, le maire fait paraître un appel à concurrence dans le Dauphiné-Libéré demandant aux entreprises de démarrer les travaux le 2 novembre, soit le jour même où est fixée l’audience du procès qu’ils ont eux-mêmes lancé contre le restaurateur ; et là on est sidéré par ce qui est paraît être une réelle préméditation... !
Le 17 décembre 2009, le tribunal juge qu’un expert doit se rendre sur les lieux pour établir un constat de la destruction réelle du restaurant. Par chance pour les élus, les travaux qu’ils avaient commandés en octobre, juste avant l’audience du 2 novembre avaient détruit les traces, les preuves de ce que eux, les élus, ne pouvaient justement pas prouver… !
On se demande comment le maire qui est un représentant de l’Etat dans sa commune, un officier de police judiciaire a pu prendre une telle décision ? On se le demande sans trop s’étonner... tout en prenant en compte l’impunité dont il a bénéficié jusqu'à aujourd'hui ; impunité garantie par quelques politiciens influents des environs et des fonctionnaires protecteurs aux postes-clés.
Voilà une des raisons profondes pour lesquelles notre pays est en pleine décadence...!
Marcel GIRARDIN est Conseiller municipal de Voglans

