Demande d'annulation du Conseil Municipal de Chambéry

C'est par une publication sur le site de Cap à Gauche le 26 avril 2015 que les conseillers municipaux de la minorité (Laclais-Fajeau -Dupassieux) demandent au Préfet d'annuler le conseil municipal du 13 avril 2015.
Nous publions la lettre adressée au Préfet
Monsieur le Préfet de Savoie Château des Ducs de Savoie 73018 Chambéry Chambéry le 21 avril 2015 Monsieur le Préfet, Le conseil municipal de Chambéry du 13 avril 2015 s’est tenu dans des conditions exceptionnelles et contraires aux règles législatives et jurisprudentielles en vigueur. En effet, en décidant : D’avancer la séance d’une heure par rapport aux horaires traditionnels De procéder à un filtrage sans publicité De réserver l’accès au conseil à une petite catégorie de personnes triées sur le volet par la police municipale en présence de la police nationale, De tirer argument d’une salle déjà pleine (une trentaine de personnes) et de la retransmission sur le site internet de la mairie pour justifier le refus d’accès à un plus grand nombre, De tronquer, dans un premier temps, cette retransmission en omettant de diffuser le début des débats et la demande de suspension de séance de l’opposition municipale, De refuser l’ouverture des portes au public au motif que les participants au rassemblement de protestation contre la baisse des subventions aux associations voulaient, « selon les services compétents», empêcher la tenue du conseil municipal, De présumer un objectif d’empêchement de la délibération budgétaire par lesdits participants alors qu’aucun appel dans ce sens n’avait circulé sur les réseaux sociaux et que le rassemblement multi générationnel était d’ailleurs tout à fait pacifique, De catégoriser les manifestants comme n’étant pas ses électeurs, Monsieur le Maire de Chambéry a rompu l’égalité des citoyens et porté atteinte au principe républicain de liberté d’accès aux assemblées. En effet, selon les dispositions de l’article L2121-18 du CGCT, les séances du conseil municipal sont publiques sauf à ce qu’un huis clos ait été demandé et adopté. Tel n’a pas été le cas. Dès lors, le caractère public de la séance devait-il demeurer entier.

La jurisprudence administrative a d’ailleurs rappelé que le principe de publicité des conseils municipaux constitue une liberté fondamentale pouvant faire l’objet d’un référé liberté en vertu du code de justice administrative. L’accès aux assemblées délibérantes est donc primordial et nécessaire pour garantir le caractère démocratique de notre République. C’est en ce sens que le Conseil d’Etat a jugé que le maire ne pouvait limiter l’accès de la salle du conseil aux seules personnes ayant reçu une autorisation préalable.(CE 30/11/79 n° 12681) Pour le conseil d’Etat toujours, si l’accès peut être restreint pour assurer la sécurité ou le bon déroulement des travaux, l’accès ne doit toutefois pas être discriminatoire.( CE 14/12/92 n°128646) Or, en restreignant l’accès du conseil municipal du 13 avril aux seules personnes arrivées particulièrement tôt ou dûment autorisées à franchir le filtre policier alors même que l’horaire du conseil avait été avancé sans une large information du public, en restreignant l’accès au motif de salle pleine alors même que le conseil municipal d’installation de la nouvelle majorité (4 avril 2014) ou de communication de l’audit financier (11 juillet 2014) se sont tenus avec un public nombreux, accueilli sans ostracisme jusque dans l’escalier et le hall de la mairie, le maire a pris des mesures discriminatoires à l’endroit d’une partie des citoyens de la ville.


