« Désormais, en France, il y aura en permanence un problème d’emploi ! », Georges Pompidou 1967..

Contribution au débat Liberté, Egalité, Chômage. La répartition entre salaires, profits et temps de travail crée de plus en plus de tension sociale. En 1970, le temps de travail européen était de 2 000 heures par an. En 2010, il est de 1 765 heures, soit six semaines de moins sur l’année. Et le chômage explose. La norme n'est plus le CDI. Jobs, stages, emplois aidés, au noir, CDD à répétition, voilà la nouvelle norme. La flexibilité produit de la précarité, la baisse des revenus et ne crée pas d'emploi. En même temps nous dépensons des fortunes énormes dans des organismes de formation qui se goinfrent sans produire de résultat sinon des formes de corruption. Comme si c'était de leur responsabilité, on tient le discours au chômeurs: vous êtes responsables de votre situation. Apprenez à vous vendre, vous êtes des chefs d'entreprises personnelles. Et les élus ne se considèrent pas vraiment responsables de la situation.

Les plus riches s'engraissent et se mettent à l'abri, les banlieues se barricadent, la pauvreté s'installe, bref, le modèle est en voie d'écroulement et chômage, baisse des revenus, des prestation sociales, des retraites.
Alors ? Aucune perspective ? Résignation, révolte ? Partage du travail ? Des revenus ? Comment, quand, pourquoi ?
Divers indicateurs en vrac :
- Le chômage étant au plus haut, l'abstention aux élections municipales n'a jamais été aussi forte et jamais le Front national n'a conquis autant de villes : y a-t-il un lien ? Résultat du croisement de deux séries de données : les résultats des municipales de 2008 et 2014 dans 900 communes de plus de 10 000 habitants, et leur taux de chômage au premier trimestre 2008 et au troisième trimestre 2013.

Premier enseignement : pas de corrélation entre chômage et abstention. Dans les villes où le taux de chômage était inférieur à 8 %, l'abstention était de 42 %. Celles où le chômage dépassait 14 %, abstention de 40,9 %. 3 points de chômage de plus en six ans = abstention en progrès de 2,1 points . plus de cinq points de chômage, abstention 1,9 point.
- Les associations loi 1901 sont indispensables à notre économie. 70 milliards d'euros de chiffre d'affaire, 3,5 % du PIB ; 1,8 million de salariés, 16 millions de bénévoles. Depuis 2010 les associations voient leurs besoins croître et leurs ressources diminuer. Alors que les PME ont l'habitude des cycles de crises, d'où anticipation et adaptation, les associations doivent vite inventer de nouveaux modèles ou dépérir avec les conséquences qu'on devine. Elles ont connu des années fastes jusqu'à la crise économique de 2009: croissance de leurs ressources, de leurs emplois et de leurs bénévoles. Le financement public a progressé jusqu'à la fin 2009 avec la montée des conseils généraux, la générosité publique, le mécénat et surtout à la vente de prestations.

