Emploi Travail Chômage : ALIENATION

Emploi, Travail, Chômage ; Une seule solution réduire le temps de travail.
Il y a une grande différence entre les notions d’emploi et de travail, qui sont trop souvent confondus. Sans compter la notion de TRAVAIL, qui a été saisi comme un étendard voir même comme une idéologie. Sans en faire ni l’histoire, ni développer ces différences et conséquences ici, on peut être légitimement stupéfait que les prés de 200 ans d’essor du capitalisme industriel, nous démontre comme une simple évidence, cette vérité :
Que ce soit chez les passionnés ou les contraints d’emploi, le travail «libérateur», fini toujours par épuiser sans équivoque les forces vitales, non dans un processus sain et fertile, (l’épuisement peut être salutaire) mais en rendant scientifiquement les corps mutilés, débiles, les esprits amorphes et drogués, les vies cassés et meurtris. Même issu pour les sans emploi/travail. Le chômage tuerait entre 10.000 à 20.000 personnes par an.(Inserm 2015)

Cette folie organisée et revendiquée comme une civilisation, ne peut que nous appeler à de nouveau lire ou relire le Droit à la Paresse de Paul Lafargue. Ou encore a rêver a ce texte sublime de Marx (1) (Il faut absolument lire le Marx des Manuscrits de 1844).
Il ne s’agit donc pas de réclamer mécaniquement un droit à l’emploi/ travail, comme un droit aux loisirs ou encore, pourquoi pas un droit à l’oisiveté, car si toutes ces figures portent en elle, aussi,une ambivalence, un certain processus de socialisation, elles ont été produites dans un cadre de pensée bien précis ; par et pour le veau d’or CAPITAL.
Les travailleurs eux-mêmes, en coopérant à l'accumulation des capitaux productifs, contribuent à l'événement qui, tôt ou tard, doit les priver d'une partie de leur salaire. Antoine-Elisée Cherbuliez (économiste conservateur et libéral du XIX siècle) Où encore voir le très riche corpus dénonçant cet état de fait dans la doctrine sociale de l’église ( 2)

Non il s’agit, ici de radicalement revendiquer un droit à une existence humaine sans aliénation (3) Ce postulat ne prend pas le chemin des revendications salariales, (excluants les non salariés) , il m’emprunte pas la voie de l’augmentation du pouvoir d’achat (productivisme et consumérisme comme idéal) encore moins le partage des richesses. Ce tryptique ne répondra jamais au grand dessein de la désaliénation.
Seule l’appropriation, politique, sociale et économique du système du gouvernement des hommes par le plus grand nombre, condition à l’appropriation de sa propre gouvernance, peut libérer ce chant des possibles et permettrait d’apercevoir cet horizon pour l’humanité tout entière.
Il n’y a aucune honte à revendiquer un tel idéal, ni à se battre chaque jour pour qu’il advienne.

« Supposons que nous produisions comme des êtres humains : chacun de nous s’affirmerait doublement dans sa production, soi-même et l’autre. Dans ma production, je réaliserais mon individualité, ma particularité. J’éprouverais en travaillant la joie de manifester l’individualité de ma vie, et en contemplant l’objet que j’aurais produit, je me réjouirais de reconnaître ma propre personne comme une puissance qui s’est actualisée, comme quelque chose de visible, de tangible, d’objectif. L’usage que tu aurais de ce que j’ai produit, et le plaisir que tu en retirerais, me procureraient immédiatement la joie spirituelle de satisfaire par mon travail un besoin humain, de contribuer à l’accomplissement de la nature humaine, et d’apporter à un autre ce qui lui est nécessaire. J’aurais conscience de servir de médiateur entre toi et le genre humain, d’être éprouvé et reconnu par toi comme un complément à ton propre être et comme une partie indispensable de toi-même, d’être reçu dans ton esprit et dans ton amour.
J’aurais la joie que ce que produit ma vie servît à la réalisation de la tienne, c’est-à-dire d’accomplir dans mon activité particulière l’universalité de ma nature, ma sociabilité humaine. Alors, nos productions seraient autant de miroirs où nos êtres rayonneraient l’un vers l’autre»

et 21 ans plus tard il prolongera en indiquant
«Le règne de la liberté ne commence en fait que là où cesse le travail imposé par la nécessité et les considérations extérieures ; Sans cela le joug de la nécessité ne cessera de peser sur eux et ils ne connaîtront pas le vrai régime de la liberté, dans lequel le développement de leurs forces se fera exclusivement pour eux. La condition fondamentale de, cette situation est le raccourcissement de la journée de travail.»
(2) «Ce libéralisme sans frein conduit à la dictature à bon droit dénoncée par Pie XI comme génératrice de ‘l’impérialisme de l’argent’. On ne saurait trop réprouver de tels abus, en rappelant encore une fois solennellement que l’économie est au service de l’homme. Mais s’il est vrai qu’un certain capitalisme a été la source de trop de souffrances, d’injustices et de luttes fratricides aux effets durables, c’est à tort qu’on attribuerait à l’industrialisation elle-même des maux qui sont dus au néfaste système qui l’accompagnait. Il faut au contraire en toute justice reconnaître l’apport irremplaçable de l’organisation du travail et du progrès industriel à l’oeuvre du développement.» (Encyclique Populorum progressio, sur le développement des peuples, 26 mars 1967)
(3 )Selon Marx, la vie industrielle moderne donne lieu à quatre formes d'aliénation: (1) l'aliénation de sa propre essence, (2) l'aliénation du produit de son propre travail, (3) l'aliénation entre les êtres humains, et (4) l'aliénation entre les êtres humains et la nature.

