En revenant de Bruxelles

Il est vrai que les fêtes de fin d'année et en déplacement en ce début d'année, je n'ai eu guère de temps pour écrire une chronique.
Mais voila, il est temps de vous dire quelques mots où je me trouvais ces derniers temps.
J'étais à CAEN lorsque j'appris la terrible nouvelle du crime perpétré dans les locaux de CHARLIE. Un gars naturalisé français depuis quelques jours (bienvenue en France), une femme de l'accueil, un invité surprise, un policier chargé de la protection du directeur et des dessinateurs et des journalistes ont reçu la foudre.
Un crépitement sec. Répété. Une lumière forte. Violente. Et le silence...
L'info s'est propagée partout. Les images vues et revues en boucle. Des déclarations d'amis effondrés. Choqués. Des interrogations. Et les premières réactions. Les premières manifestations pour dénoncer le crime. L'atteinte au droit d'expression.
Un souffle de vie d'espoir pour défendre des dessinateurs, des humoristes, un économiste critique qui n'ont que des mots et des caricatures pour s'exprimer, faire rire et grimacer quand d'autres brandissent des armes et font parler la poudre... pour tuer.
Alors oui, de passage à CHAMBERY, entre deux voyages programmés pour rendre visite à des amis, j'ai manifesté devant le tribunal. Lieu symbolique du Droit. De la justice.
J'ai manifesté pour rendre hommage à des inconnus. A un dessinateur du nom de CABU, dont j'appréciais le personnage de Duduche. Un gars décalé, un peu rebelle avec la société de son époque. Qui portait de longs cheveux, comme je les portais dans ma jeunesse. Pour défendre une certaine idée de la France. Accueillante. Ouverte. Libre. Impertinente. Surtout pas le repli sur soi. Surtout pas le n'importe quoi. La haine de l'autre. La fermeture d'esprit. Les mots stupides... avant des actes odieux... comme un angrenage mortel. A BRUXELLES, ce dimanche 21/01/2015, je me suis retrouvé dans cette seconde manifestation. Pour remercier les belges qui aiment bien rire. Sinon, ils n'auraient pas créés ce chérubin en forme. Ce mannequin pissant au vu et au su de tous, pour vous désaltérer, si la main vous en dit...
Loin du débat sur fallaitil manifester derrière l'appel de HOLLANDE, et sa prétendue unité nationale ? Derrière des invités bizarres. A grand frais déplacés. Des emprisonneurs de dessinateurs, des adeptes de coup d'état provoquant la fin de certaines libertés, des centaines d'arrestations et des meurtres... Un ancien président qui se faufile...Quelle mascarade !!!
J'ai manifesté parce que j'avais encore mal. La crainte que notre geste ne soit pas suffisant pour stopper demain d'autres tentatives criminelles.
J'ai manifesté pour adresser un avertissement. Une affirmation d'unité et de fraternité, contre les dérapages des propos des uns et des autres (les odeurs de CHIRAC, les bienfaits du colonialisme de SARKOZY, les roms stigmatisés de VALLS...), pour éviter la barbarie.
J'ai manifesté pour que demain nos libertés ne soient pas restreintes. J'ai manifesté pour l'espoir...
L'espoir. Ca m'a rappelé, le titre d'un livre de MALRAUX, en pleine guerre d'Espagne, avant qu'il soit trop tard... La défaite. Le néant. La nuit. 35 ans.

