Euriware appartient à Capgimini

C'est le 7 mai 2014 que s'est ténu, au pavillon d'Armenonville à Paris, une assemblée générale des actionnaires Capgemini et des deux Conseils d'Administration d'Euriware. Le premier pour sortir du secteur public, et le second pour constitution du nouveau CA de droit privé.
La CGT Euriware adresse un communiqué à la direction, aux actionnaires et aux syndicats de Capgemini.
Euriware est vendu. C’est officiel depuis le décret signé par le Premier Ministre et publié le 2 mai 2014. Désormais les salariés d’Euriware sont également salariés du groupe Capgemini. Ces deux événements seront l’occasion pour les actionnaires et la direction de Capgemini d’officialiser et de célébrer le gavage qui les attend suite à cette opération uniquement capitalistique. En effet, derrière ce rachat, il n’y a aucun business plan de reprise de l’activité d’Euriware, il n’y a aucune stratégie industrielle pour le développement d’Euriware. Non, il y a seulement l’acquisition d’un contrat de 1,5 milliard d’euros sur 10 ans, celui de l’infogérance du groupe AREVA.
Nous ne sommes pas dupes, il s’agit d’un cadeau aux reflets présidentiels pour la multinationale qu’est Capgemini. Un rachat d’une entreprise valorisée à 120M€ il y a tout juste un an, et cédée semble-t-il pour la modique somme de 20M€ par le groupe AREVA. Ce dernier qui de plus lui abandonne ses 6M€ de dividendes annuels, auxquels s'ajoutent, entre autres, 4M€ de la vente de l'activité du contrôle commande nucléaire et 8M€ pour détacher Euriware de son infrastructure informatique. La direction de Capgemini ne peut que dire merci à l’Etat actionnaire du groupe AREVA, et au Président de la République, ami particulier de Mr Paul Hermelin.

Mais pourquoi ce cadeau de plus de 100 millions d’euros ? Pour financer quoi ? Un plan social déguisé que ne manqueront pas de réclamer les actionnaires afin d’atteindre les 8 à 9% de rentabilité qu’ils ont fixé comme objectif à Euriware (la rentabilité d’Euriware est aujourd’hui estimée à 4%) ? Quels efforts vont-ils demander de faire aux salariés ? Pour répondre à ces questions, il suffit de s'appuyer sur les rapports des experts du CCE Euriware afin de lever toute incertitude. Les cibles seront les seniors ( 45 ans) estimés trop nombreux chez Euriware et à des postes sans responsabilité managériale de haut niveau. Les accords collectifs également seront tous remis en question (temps de travail, travail de nuit, astreintes, épargne salariale avec la suppression de l’intéressement, stagnation des salaires, etc…). Seront ciblées également les prestations de « bas niveau » (comme ils disent), pour des délocalisations probables dans les pays à bas coûts salariaux (Inde, Pologne, Maroc). N’oublions pas que Capgemini est une multinationale d’origine française dont les 20000 salariés français ne représentent qu’à peine 15% des effectifs mondiaux, alors que le gros des troupes se trouvent en Inde avec 50000 salariés et bientôt 75000 annoncés pour 2015 !
Alors non, mesdames et messieurs de la direction de Capgemini, non mesdames et messieurs les actionnaires, les salariés d’Euriware ne comptent pas se laisser dépouiller pour le bénéfice de vos bonus et de vos dividendes ! Ils sauront se battre comme ils le font depuis un an, pour sauver leurs emplois et leurs conditions de travail. Enfin, non mesdames et messieurs les syndicalistes de la CFTC, de FO et de la CFDT, vous ne musellerez pas la CGT Euriware comme vous avez tenté de le faire pour ce 7 mai. Les salariés Euriware doivent savoir à quoi s’attendre de votre part dans les négociations à venir de nos statuts.
Non ce ne sont pas des syndicats non représentatifs et non représentés chez Euriware qui ont leur mot à dire. Ils sont illégitimes dans la négociation et leurs dernières déclarations le confirment lorsqu’ils qualifient la lutte que nous menons pour la défense de nos statuts de « combat d’arrière garde », nous conseillant même de leur laisser le champ libre !!! Mais qui êtes-vous pour oser de tels propos ? Qui êtes-vous, vous les accompagnateurs de tous les reculs sociaux de ces dernières années (ANI, Pacte de responsabilité, etc…) pour oser nous donner des leçons de défense des droits des salariés ? Ce ne sont pas non plus ceux qui refusent notre présence dans les actions intersyndicales au titre que notre combat n’est pas le leur. Auraient-ils donc déjà bradé les droits des salariés Euriware sans les en avertir ? Nous connaissons que trop bien leurs méthodes de « négociation » ou plutôt devrions nous dire de compromission néfastes pour les salariés.
Nous ne partageons pas les mêmes valeurs sociales, mais cela nous le savions déjà. Nous ne sommes donc pas surpris par leur empressement à nous écarter du débat avant même que l’encre de la signature du décret ministériel soit encore sèche ! La direction, les actionnaires et les syndicats de Capgemini devront apprendre à vivre maintenant avec la CGT Euriware et ses représentants. Vous avez acheté Euriware et nous sommes dans le panier avec nos 1700 collègues. Nous n’avons pas l’intention de nous laisser dépouiller pour vos intérêts financiers, carriéristes, politiques et électoraux. La CGT Euriware arrive dans le paysage Capgemini, forte du résultat des dernières élections professionnelles dont la participation record ( 76%) au premier tour ne peut que nous légitimer encore bien plus dans notre lutte pour la défense des salariés dans les mois et les années qui viennent. Messieurs Hermelin et Oursel ont signé une lettre d’engagements sociaux à minima, mais ceux-ci nous saurons vous les rappeler et intervenir à tous les niveaux pour que vous les teniez. Les salariés Euriware sont vendus mais pas vaincus !
