La chasse aux partisans

À l'origine, le mot partisan désigne une personne qui se déclare ou qui est en faveur de quelque chose ou de quelqu'un. Quoi de plus naturel. Pas de quoi fouetté un chat. A partir de cet état de fait, il devient partial puisqu'il est partie prenante, il est parti pris.Dans le champ du politique c'est bien ce que les hommes et femmes politiques font et que les électeurs leurs demandent. Nous sommes bien là au coeur de la fabrique de la décision et plus particulièrement de la décision politique. Mais la rhétorique politique est sophiste pour ne pas dire pervers, puisqu'elle est capable d'affirmer cette chose ubuesque : Qu'un homme politique peut s'extraire de cette condition humaine, et que tout en étant un membre d'un parti, il puisse fustiger, en s'appuyant soit sur le concept d'intérêt général soit sur celui de territoire, ceux qui prennent parti... Dans ces conditions, c’est peu de dire que le mot Politique est honni par une partie de plus en plus importante de la population et qu’il est synonyme d’embrouille, de magouille, de discorde, voir de haine. Les politiques, premiers acteurs de ce phénomène, l’ont bien compris et surfent sur cette vague pour la récupérer et en extraire l’écume. En effet, le mal viendrait des citoyens qui prennent parti, qui font de la politique, de l’idéologie, et qui ne travaillent donc pas pour le bien commun du territoire. Le mot est lâcher. Par un tour de passe passe dont ils ont le secret les politiques, après avoir bien dégoutés leurs concitoyens de la Politique, ne cessent de stigmatiser ceux qui en feraient comme les responsables, les coupables, des carences des politiques publiques . Diantre ! Pas plus tard qu’hier le Président Xavier Dullin, présentait le nouvel exécutif de la nouvelle agglomération comme un équilibrage moins politique mais tenant compte des représentations des territoires.Sans connotation partisane, et pour appuyer son propos , il indiquait que lui-même ne s’était pas déterminé pour la primaire de la droite, montrant ainsi son (a) politisme, pour bien marquer, que lui est au service du territoire. Il y avait, il y a quelques décennies une liste électorale municipale qui s’intitulait à peu prés ainsi: “Tous pour La Ravoire“. Un exemple brûlant vient de nous être donné lundi 6 février 2017, dans la déclaration télévisée de F.Fillon “je ne suis pas le candidat d'un parti “. Face à eux, Tartuffe n' est qu'un petit débutant. Nous sommes dans une époque formidable où la géographisation servirait uniquement de réponses aux politique publiques,allant jusqu’à ce que la simple pancarte de la commune, le local, le territoire, la nation tiennent lieu, à eux seuls, de programme, non politique, mais mais sûrement pour l’herbe, la pelouse, les bâtiments, les vallées, les lacs les montagnes...douce France ....enfin pour tous. Le vieux rêve pétainiste de travailler tous en famille pour sa patrie se réaliserait encore une fois. Nous y voilà donc de nouveau.

