«La guerre d’Algérie commence»

«La guerre d’Algérie commence» le 2 Novembre 1954 Dans le Bloc notes de François Mauriac
le 21 novembre 1954 « Toute cette jeunesse furieuse et désespérée, n’avons nous pas perdu son coeur à jamais?» le 5 décembre 1954 «...nous devons nous battre contre le racisme policier» «Mon interlocuteur (visiteur revenant d’Alger) juge absurde que nous osions parler de démocratie française alors qu’elle est fondé en, dans les trois département algériens, sur les féodaux européens ou musulmans.

A la minute précise où il fallait prendre le tournant, les rênes auront été confiées à ces hommes qui ont un goût maniaque de l’abime, au point que, quand il n’y en a pas, ils le creusent de leurs propres mains, pour avoir le plaisir de s’y jeter et nous avec eux. C’est leur incroyable talent de faire sortir le désastre. 7 mai 1954
Drame de l’Afrique du Nord,* je l’aurai vécu heure par heure. Cette chaîne sans fin des deux terreurs qui s’enfantent l’une l’autre, qui fait naître la répression de l’attentat, l’attentat de la répression, ce malheur a un aspect quotidien et que le journal nous rapporte : film policier monotone, film à épisodes. Mais ce malheur a un autre visage, un visage caché: un suspect arrêté, interrogé dans des conditions souvent cruelles, même s’il est relâché, ne garde pas pour lui son ressentiments. Il a des amis, des compagnons, des frères, mais surtout il a des fils. Cette génération qui naît, s’instruit, grandit dans l’atmosphère a empoisonnée des deux terreurs ; pour eux ceux que nous appelons des bandits sont des martyrs. Cette génération qui mûrira si vite, ces enfants déjà adolescents, que sera la France pour eux, cette France à qui leurs pères gardent à travers tout un reste de vénération ? mais eux, les enfants de la colère, ils la haïssent déjà.

