Le revenu universel appelle à une délibération politique utile et urgente.

En premier lieu, il s'agissait de briser le mur que les médias élèvent autour de toute pensée de gauche. Malgré l'inquiétante répétition de ses échecs, la « classe » politico-médiatique, dont Madame Clinton a été la star, continue à s'échanger des lieux communs. Pour briser ce mur de « l'opinion publiée », on ne voyait jusqu'alors que la formation « d'ego » démesurés, de mouvements de mentons, de comportements de sauveurs. J'apprécie que, contrairement à son rival, par exemple, Benoît Hamon n'ait pas ce comportement. Le revenu universel a brisé le mur mais en invitant les citoyens a entrer dans l'espace nouveau d'une réflexion partagée sur la vie qu'ils veulent vivre, sur ce qu'il en est de la situation économique, sociale, financière, fiscale...et sur ce qu'il est possible de faire. Cette délibération est urgente. Elle intéresse les gens, et sous des noms différents, selon des dispositifs différents, on y a déjà beaucoup réfléchi, en France et dans le Monde. La presse parlait d'autre chose, et dans ce silence chaque chapelle avait tendance à se replier sur les certitudes d'un seul modèle. Hamon nous invite à les confronter, à les frotter à la critique, à les ouvrir à l'écoute, devant des gens intéressés, pas par la presse, non, par une invite qui nous est faite d'entrer dans le jeu. Hamon n'appelle pas à se mettre « en marche » derrière lui, plutôt en cercle autour de lui, pour penser, échanger, élargir l'espace de la gauche, l'espace de la souveraineté du Peuple. Il y a la pollution aux particules fines qui se répète, comme l'illustration d'une histoire qui devient étouffante, il y a urgence. L'utilité est une affaire d'économistes. Les bases sont simples. Pour la théorie économique, le « travail » est une pure « désutilité », sans le moindre intérêt, ni contenu intellectuel ou artistique, on ne peut y être « incité » que forcément, par un revenu qui permet de survivre, par la crainte de la misère et de la mort. Malthus disait : « nul n'est invité au repas de la Nature », aujourd'hui les économistes libéraux affirment qu'un repas gratuit n'existe pas, enfin que si on ne travaille pas, on ne mange pas, autrement c'est l'assistanat, on va préférer le loisir. Ce qui incite les gens au travail, c'est le frigo vide, ou la crainte qu'il se vide. Croire que le frigo vide incite au travail, prouve seulement que l'on ne connaît pas beaucoup de gens dans cette situation. Considérer que le travail est motivé seulement par le désir de l'argent, c'est lui donner un fondement qui montre aussi l'ignorance des expériences que l'on associe, à gauche, à la notion de travail. Je suis certain que l'immense majorité de ceux qui n'ont presque rien seront plutôt motivés et incités à se bouger si on leur donne plus et que l'on reconnaît ainsi « qu'ils le valent bien » ! Je pense que si nos discussions incitent aussi à repenser le travail, celui de l'éducation, de l'enseignement, de la recherche, de l'ensemble de la « population active », autrement qu'en fonction de l'argent, ce serait un grand pas sans aller sur la lune. Un dernier mot, dès la première année de la gauche, permettre à tous les jeunes de disposer d'un revenu d'autonomie, ce sera répondre à ce que sur le terrain, ceux qui s'intéressent de près à la situation de la jeunesse, demandent depuis longtemps;

