Pour le gel du projet Lyon Turin

E. Macron, N. Hulot, B. Le Maire et E. Borne, doivent maintenir le gel du projet Lyon-Turin lors du sommet franco-italien du 27 septembre à Lyon.
1/ Parce qu'ils se sont engagés à évaluer les projets de transports au cours des assises de la mobilité, comme l'a rappelé officiellement Madame Borne devant le Sénat au mois de juillet, en se basant sur les faits et non pas sur des visions idéologiques ou des portées symboliques;
2/ Parce que, il y a 20 ans déjà, en 1998, le Conseil Général des Ponts et Chaussées écrivait, sans être contredit par les faits, que le projet Lyon-Turin n'est ni finançable, ni rentable et qu'il convient d'abord d'utiliser la voie existante selon ses capacités, l'Inspection Générale des Finances à ses côtés l'a réaffirmé en 2003 et la Cour des Comptes ne cesse de l'écrire depuis 2009 avec M Philippe Seguin, puis sous la présidence de M Didier Migaud.
3/ Parce que le bon sens et la précaution consistent à utiliser la voie ferrée existante, avec tous ses tunnels agrandis, ses ponts changés, ses voies refaites et modernisées, avant d'en construire une deuxième; l'urgence c'est également l'entretien, la sécurisation de l'ensemble du réseau ferré national en piteux état;
4/ Parce que dans les années 80, il circulait chaque jour 120 trains de fret, malgré une voie unique en Italie, un arrêt obligatoire d'au moins une heure et demie nécessaire pour les opérations de douane et le changement des motrices, alors qu'à présent, avec des motrices permettant de circuler sans arrêt, sans la douane, avec la voie doublée en Italie et les lourds travaux qui ont largement amélioré l'exploitation, il ne circule plus que 20 trains de fret par jour !
5/ Parce que la voie ferrée existante, à hauteur du nombre de trains de fret qui y circulait dans les années 80, permet de reporter immédiatement sur le rail les marchandises d'un million de camions chaque année soit 78% des 1,281 million de camions qui ont circulé en 2016 entre la France et l'Italie dans les vallées alpines; ce report, supérieur à l'objectif européen fixé pour 2050, protègera it les Alpes de la pollution, du réchauffement climatique et la santé de la population;
6/ Parce que l'on doit s'interdire toute atteinte aux terres agricoles, à l'hydrologie (drainage et tarissement des sources et poches souterraines), à l'environnement lorsque l'on se montre incapable d'exploiter les moyens existants, alors que nos voisins ont su le faire sur des voies identiques;
7/ Parce que le Conseil d'État considère, comme le Président de la République d'ailleurs, qu'à chaque projet doit correspondre son financement, ce qui n'est manifestement pas le cas du Lyon-Turin; L'article 16 du traité franco-italien est, de ce seul point de vue, foulé au pied;
8/ Parce que l'argent de l'Europe vient des États membres et donc des contribuables; il ne constitue donc pas une manne sans contrepartie dans la dette publique de notre pays;
9/ Parce que le budget de l'Europe n'est pas voté pour le prochain mandat et est loin d'être acquis avec le Brexit;

