Réédition des pamphlets antisémites de L.F.Céline

Il y a dans ce débat, qui revient maintenant trop souvent ; faut-il censurer une oeuvre politique, polémiste, raciste, littéraire, etc… un recul civilisationnel et une révélation, une croyance, qui s’affiche.
Un recul civilisationnel ou le retour de la police de la pensée.
Si le XVI siècle nous a apporté, par la Réforme (sans parler de sa dimension ni théologique, ni politique, ni antisémite *) une grande arme dans la conquête qu’on mené les hommes pour se libérer l’esprit , de l’emprise toute puissante d’un totalitarisme de l’époque (L’Eglise catholique), c’est à dire le droit de pouvoir aller “ ad fontes “ (aux sources mêmes) comme ne cessa de le répéter Erasme. Permettre aux hommes, de pouvoir lire dans le texte même et en langue vulgaire (Luther), conjuguer avec le développement de l’imprimerie, a permis aux êtres humains de faire un bond considérable dans la maîtrise de leurs pensées, de la pensée. “Scola scriptura “ clamait le groupe de Wittenberg, (où siégeait déjà un certain Mélanchton (Joke).
Ceci et le souvenir aussi de ce qu’a subit comme condamnation, et menace de mort, par les Rabbins de son époque, Spinoza, devrait nous donner un peu plus de responsabilité quand à la nécessité absolu de pouvoir préserver les textes et les oeuvres même quand ceux-ci sont des abominations. Ces attaques ne sont pas hors sol, elles s’inscrivent dans un contexte où les tentatives sont nombreuses et systématiques pour surveiller, militariser et policiariser à outrance l’espace publique, pénaliser et criminaliser les lanceurs d’alerte, certains journalistes, les syndicalistes, et d’arriver aujourd’hui à interdire d’imprimer de publier des textes !!! Nous sommes aussi dans une époque où, les sciences humaines elles mêmes sont attaquées pour ce qu’elles sont, c’est à dire l’établissement d’un savoir et d’une connaissance pour mieux appréhender notre monde et nous même et c'est jusqu’à notre langue, elle même qui nous est ôtée. Ces violences qui interdisent d’une manière soft ou hard, les expressions publiques ne peuvent qu’engendrer des expressions violentes physiquement en retour, puisque même le champ du symbolique n’est plus accessible. Ces textes si horribles soient -ils sont aussi des . points référentiels soumis à la confrontation, pour y exercer notre contradiction et notre esprit critique et construire (entres autres) une pensée plus humaniste au XXI siècle.
Une pensée magique qui s’affiche
C’est surtout une croyance de bonne idéologie républicaine que tout le monde ne cesse de reprendre tels des perroquets. Une promesse, que lire vous rendrait meilleur ou pire. Que la bonne CULTURE apporterait sa bonne éducation, civilité, apaisement, civilisation, et la mauvaise vous projetterait une fois, lu, dans la barbarie. En fait la lecture, la littérature, la culture serait une sorte de médicament qui une fois ingurgiter vous ferait devenir. Nous serions donc dans une évocation magique qui nous envelopperais par un coup de baguette/ lecture/ Culture, et deviendrions de fait, ce que l’auteur décrit . Ah ! c’est beau comme du Hollywood.

