Suite de fausses notes à Lépin le Lac ?

Trois mois avant l'ouverture du Festival des Nuits d'été, la nouvelle Maire de Lépin le Lac demande aux organisateurs de remballer leurs instruments et de ne plus compter sur l'occupation de la Maison Ronde;
La Maire de Lépin le Lac, Madame Girard, a accordé un Entretien téléphonique (retranscrit au plus près ) - vendredi 22 mai 2014, à la Tvnet Citoyenne (Ton courtois et détendu)
Quelles sont les raisons de votre refus de donner au Festival des Nuits d’été accès à la Maison Ronde ? Madame Girard,- Le refus c’est uniquement une question de sécurité. Les bâtiments utilisés sont vraiment vétustes, tous les circuits d’électricité sont à refaire. Et puis il y a souvent des gens qui logent dans le bâtiment principal, alors que c’est interdit. On ne peut pas se permettre de laisser faire. Je ne veux pas prendre, moi, la responsabilité que prenait l’ancien maire de tout laisser faire. Les cuisines, c’est pareille, il y a aucune sécurité pour le gaze, les cuisinières et tout, donc, c’est surtout pour ça.
On s’étonne que ses choses là non pas été expliquées de vive voix entre vous et le Festival. N’y aurait il pas incompréhension entre vous ? Madame Girard,- Nous avons reçu une lettre de Mme Barret, disant que le Festival voulait ceci et cela…, il y était demandé tellement de choses…, du coup on a dit non. Après, à part Mme Barret, personne n’a rien demandé. Personne n’est venu me voir.
Mme Barret, étant la présidente de l’association du Festival des Nuits d’été, c’est normal que ça soit elle qui vous contacte. Madame Girard,- On a reçu un courrier, voilà, c’est tout. Et nous y avons répondu. Depuis on a reçu un autre vraiment pas très gentil. Eux, ce qu’ils voudraient c’est que le Festival continu comme avant, qu’ils aient accès partout. Une fois qu’ils sont là, les gens de la commune non plus du tout le droit d’aller sur le site.
Le site, de toute manière, n’est pas accessible en-dehors des manifestations tel que le Festival ou la Guinguette de l’AEL ? Madame Girard,- Si, le site, vous pouvez y entrer quand vous voulez. Tout le monde peut y aller. C’est réservé en priorité aux gens de Lépin, mais tout le monde peut y accéder. C’est pas fermé. Tout le monde peut y aller, pas dans les bâtiments, mais jusqu’au bord du lac.
Ils sont à deux mois de l’ouverture du Festival de cette année. Vous mettez les organisateurs dans une situation très difficile. Madame Girard,- Oui, je comprend bien, mais eux ne font rien non plus pour que ça aille bien. Ils arrivent et ils sont chez eux. Le Festival, quand ils sont là, tout leur est dû. Ils ont fait le Vacarme du printemps, ils étaient là bas. Il y avait pratiquement personne de la commune, c’était tous des enfants des communes autres. Moi, je suis descendu sur le site à ce moment, mais personne ne m’a adressé la parole. Ça manque de respect. Quand ils sont là, ils sont chez eux.
Le Festival est aujourd’hui une manifestation importante autour du lac d’Aiguebelette. Cela fait connaître la région et attire aussi du monde à Lépin. Madame Girard,- Pas à Lépin. Ils viennent là-bas pour rippotter, c’est tout, et pour loger. Des spectacles là-bas, il y en a pas énorme.
Il y en a régulièrement. Les «matinées sous le chapiteau » par exemple. Vous êtes déjà aller écouter des concerts ? Madame Girard,- Je suis aller une ou deux fois, quand c’était dans des églises. Ça ne m’a pas toujours plu. Mais bon, aller là bas à 11h pour un spectacle…, moi je travail, j’ai pas le temps non plus.
Est-ce que vous avez un projet pour la maison Ronde ? Madame Girard,- Pour l’instant ? Là, on va déjà voir comment ça ce passe, et après on verra. On voudrait trouver un projet, nous la commune, le mettre en place et ne pas avoir la pression de Pierre, Paul, Jacques.
Le Festival des Nuits d’été aussi était un projet de la commune. Madame Girard,- C’est un projet, au départ de Mr et Mme Barret. Mais après, les gens qui sont du Festival et habitent dans la commune, il faut bien les compter. On est dans l’intercommunalité, mais nous estimons aussi, au niveau du conseil, qu’on en donne déjà assez sans que tout le monde ne vienne demander… et tout gratuit, tout gratuit ! Après c’est à la commune de gérer le reste. C’est ça le problème. On a demandé à l’AEL de payer au moins l’électricité pour la Guinguette. Apparemment c’est impossible. La commune ne peut pas se permettre de tout payer. C’est pas grand choses. Et ben non, ils ne veulent pas en entendre parler. Par contre, nous, il faut qu’on leur met en plus autre chose à disposition. Moi, je trouve que ce n’est pas normale. Il faut que tout le monde fasse des efforts, pas uniquement la commune de Lépin. Il faut de l’électricité aussi pour les Nuits d’été. Et il faut l’eau, l’eau chaude, les poubelles. C’est tous des frais qu’on a, nous, à payer. Alors que les Nuits d’été, c’est pas la commune. Ça nous apporte rien. Les conseillers sont tous contre ça. Éventuellement on pourrait peut-être négocier le dépôt de leur matériel comme c’est jusqu’à présent, puisque c’est apparement ce qui va les gêner le plus.
Depuis quelques années «l’association des Amis de la Maison Ronde » explore les possibilités de pérenniser la vie de ce site exceptionnel pour la commune et le bassin du lac d’Aiguebelette. Êtes-vous au courant d’un projet de leur côté ? Madame Girard,- Non, depuis les élections personne ne s’est manifesté. J’ai juste parlé avec une ou deux dames qui sont sorties de l’association parce qu’elles ne comprenaient pas les responsabilité que prenait Mr Barret… C’est vraiment dangereux, les installations électriques. Alors que l’électricité est une demande importante, que ça soit pour la Guinguette ou pour les Nuits d’été, quand ils répètent. On a aussi les toits qui fuient. Alors, qui sera responsable ? Ce sera encore nous. On a fait passer un électricien. Si on nous demande d’installer une prise électrique quelque part, lui, il ne veut pas le faire, parce que c’est sa responsabilité qui est engagée. Et comme je vous disais, à part Mme Barret, je veux bien qu’elle soit la présidente, personne ne s’est manifesté. C’est quand même pas une seule personne qui gère le Festival ?
Cette prise de décision c’est fait comment ? Madame Girard,-Personnellement je n’étais pas trop pour mettre le véto complet, mais au conseil, on décide tous ensemble. Je ne prend pas les responsabilités toute seule. Disons que les conseillers sont un peu protectionniste. Ils ne veulent pas que je me mette dans une situation impossible. Si jamais il arrive quelque chose ils me disent ‘c’est toi qui sera responsable’. Ils essaient de me préserver un peu. Moi, je vous dis, je ne sais pas trop non plus comment faire parce que je suis un peu coincé. Avec le gardien de la Maison Rond on étaient deux à être prêts à laisser couler certaines choses… Mais, si les Nuits d’été n’ont pas accès à tout le site ils ne seront peut-être pas intéressés par le simple dépôt de matériel.
On tout cas, on peu dire que ça manque cruellement de communication entre la municipalité et le Festival. Madame Girard,- Oui, j’en suis certaine. Après, chacun campe un peu sur ses positions et ensuite ça dégénère vite. C’est la gué-guerre des élections qui ressort aussi.
Avant les élections, avez-vous communiqué concernant le devenir de la Maison Ronde ? Madame Girard,- Oui, pendant les élections nous en avons parlé…, qu’on voulait avoir un projet… Dans notre profession de foi on disait qu’on voulait mettre de l’ordre dans tous les bâtiments. Ça concernait pas uniquement les Nuits d’été. L’ancien maire donnait tout gratuitement à Lépin. Mais il n’y a pas que ça qui va changer, disons. …Mais, je vous dis, c’est pas évident. Ça me fait peur des fois de voir comment les gens réagissent. Je pourrais dire que je fais comme je veux, mais après je n’ai plus de conseil derrière moi. C’est pas facile. Si j’aurai su, comme on dit, je ne serais pas venu…

Vous parlez de la difficulté d’une charge électorale ?
- Oui. Après on est pas vraiment aidé. Au niveau de la communauté des communes ils voudraient bien aussi mettre la main sur le site de la Maison Ronde.
La CCLA participe d’une quelconque façon à l’entretien du site ? Madame Girard,- Non, non ! Eux, ce qu’ils veulent, c’est qu’on le leur cède gratuitement. Il y a un enjeu. C’est le seul accès au lac qui est gratuit. Alors, tout le monde le veut. Dans l’association des Amis de la Maison Ronde aussi, il n’y a peut-être que deux ou trois personnes de Lépin, les autres viennent de l’extérieur.
Toute la population autour du lac a pu découvrir la Maison Ronde notamment grâce au Festival. Il y en a beaucoup qui sont émerveillé par ce site et qui aimeraient qu’il soit protégé, mis en valeur et accessible à tous. Effectivement, cela va au-delà de la commune de Lépin le Lac. Madame Girard,- Oui, mais au niveau de la commune on pourrait très bien avoir un projet aussi, et qui garde l’accessibilité à tous. Il s’agit de le trouver.
Merci, Madame Girard, pour cet entretien.

