Un p'tit tour à l'hôpital

J'ai rendu visite cette semaine à un ami, hospitalisé à Chambéry. La crise enstation de traitement des eaux. Une vessie qui refuse de fonctionner. Douleur de plus en plus vive jusqu' à la souffrance. Envahissante. Pénible. Il m'a parlé de son arrivée aux Urgences. Les larmes aux yeux. Plié en deux. Le personnel de santé qui s'active. Soulager sa douleur. Lui administrer les soins pour vider cette satanée vessie... jusqu'à la délivrance...
Bien entendu, il est resté à l'hôpital sous surveillance, le temps que des examens soient pratiqués. Curieusement, il a fini dans le service osseux plutôt que le service urologie, un étage plus bas. La cause en était le manque de chambre ou de lit... Et donc, un personnel soignant qui le cherche partout... Un peu plus tard, à la télé, les journalistes commentent la situation des services d'urgence débordés par l'épidémie de grippe qui ne savent plus où loger les patients, par manque de chambres, depuis la politique de restriction qui touche le milieu hospitalier. Pourvu qu'il n'ont oublié personne !!!
Tandis qu'à LYON, les internes et les étudiants en médecine manifestent et se figent sur la place Bellecour. Des formes pétrifiées. Des sujets absents dans le paysage hospitalier puisque leurs demandes ne sont pas prises en compte, dans le projet de loi du Ministre de la Santé.
Notre hôpital est donc lui aussi affecté. Même si l'on se glorifie que le nouvel établissement qui entrera en activité en octobre prochain, aura 50 lits supplémentaires, il est à douter que cela suffise. En effet, des indiscrétions parues dans la presse (voir Challenges.fr), nous renseignent sur les prochaines victimes du plan gouvernemental d'économies à réaliser, d'ici 2017 : 3 Milliards d'euros. Je vois déjà votre curiosité briller dans vos yeux et cette question bégayée au bout de vos lèvres : Alors ? Alors ? Qui va trinquer ? Hélas!!! C'est l'hôpital...
Sa masse salariale sera réduite de 860 millions d'euros soit l'équivalent de 22000 emplois... soit une réduction de 2% des effectifs. La mutualisation des achats pour les hôpitaux doit aussi rapporter 1,2 milliards d'euros et le rapprochement des hôpitaux voisins doit dégager 450 millions d'euros... Tiens
! Ca me fait penser à CHAMBERY et AIX les BAINS...
Ainsi donc, parions, que le nouveau bâtiment sera vanté largement. On insistera sur ses qualités, ses performances, les progrès réalisés... mais en définitive, les patients paieront l'addition, via leur impôt pour réduire la dette, le déficit public... et ceci expliquera encore que le personnel sera toujours sous pression, que des erreurs de diagnostic seront possibles, puisque les embauches seront bloquées, et que les jeunes n'auront que des emplois au compte-goutte... Peut-être pour leur apprendre le métier... ? Bon, va falloir être indulgent avec le personnel hospitalier, les oubliés de cette foutue crise, qui font le maximum... quand l'Etat, la société sont malades...

