Lettre d'une aide soignante qui démissionne

C'est peu dire que l'hôpital est bien malade. Si on entend bien de temps en temps les catégories cadre, (Urgentistes, sage femme ) manifester, légitimement, et tirer le signal d'alarme, on ne prend pas assez la mesure des conditions terribles des aides soignantes et infirmières.C'est un des lieux possibles d'un craquement social généralisé.
Au moment où à chambéry, Vinci va livrer un nouvel Hôpital (Quelle marge bénéficiaire sur un tel établissement ?) nous relayons donc cet appel sous forme de Lettre
lettre-de-de�?mission À qui de droit, (membres de la direction, gouvernement ou tout autre personne qui détient le pouvoir de faire évoluer les choses…)
Bonjour,
aide_soignante, ça fait des jours que je cherche la bonne façon de décrire, d’expliquer, de m’exprimer, afin de mieux faire comprendre les raisons pour lesquelles j’ai démissionné de ma vocation de PAB. Si je pouvais résumer en une phrase, je dirais « Mon métier me détruit » autant physiquement que psychologiquement. Je ne cherche pas la pitié, je demande seulement un peu d’empathie, de l’écoute et de la reconnaissance, de la compréhension, mais surtout du soutien, le désir de vous faire réaliser… que je tente de sauver mes collègues ainsi que les patients des centres hospitaliers, et peut-être recevoir un peu de ce que j’ai tant donné… ! Pour commencer, avoir entre 12 et 16 patients pour une seule préposée…. C’est selon MON jugement, INHUMAIN ! Comme j’aimerais vous faire visualiser !!! D’abord, faisons une moyenne entre le minimum et le maximum de patients attribués à une préposée. Une journée typique où j’ai 14 patients. J’arrive à 7hrs am. Je dois distribuer le déjeuner à 8hrs am. Je dois évidemment lever tous les 14 patients au fauteuil (pour stimuler leur autonomie) en une heure, on se comprend là-dessus ? J’aimerais savoir, combien de temps concédez-vous à une personne pour lever ces 14 patients en considérant qu’il y a en moyenne (sans exagérer):
- 2 patients paralysés d’un côté.
- 2 patientes très confuses qui ont jouées dans leurs culottes d’incontinence et ont faits des dégâts dans leurs lits, leurs mains, leurs visages… (Changements de lits urgents, on s’entend ???)
- 2 patients très lourds qui souffrent au dos.
- 2 patients branchés sur des pompes avec lunettes d’oxygène et sondes, bref remplis de fils !!!
- 2 patients à qui l’on doit expliquer et réexpliquer les principes de la marchette (pour stimuler leur autonomie) et les installer dans un fauteuil gériatrique avec ceinture et tablette.
- 1 patient à installer droit dans son lit, oreiller au dos, parce qu’il doit rester alité.
- 2 patients qui sont faciles à mobiliser, mais qui refusent de se lever et deviennent agressifs.
- 1 patient autonome. (La joie!) Mais ce n’est pas tout. Pendant que l’on doit lever tous ces patients :
- 6 d’entre eux ont besoin d’aller aux toilettes, se déplacer (pour stimuler leur autonomie) et les autres on doit, soit changer leurs culottes, soit les installer sur la bassine ou la chaise d’aisance. En une heure, pensez-vous que c’est possible de BIEN faire tout ça ??? Je mets de l’importance sur le mot BIEN et je m’explique… Je parle de « bien faire » dans le sens où :




