Chambéry – Turin Liaison langagière transalpine via l'espéranto !

Entre Chambéry et Turin, il n'existe pas qu'une future voie ferroviaire dont la pertinence est discutable et discutée1. Les deux villes furent successivement capitales des comtes de Savoie, jusqu'en 1562 pour Chambéry, et l'on trouve aujourd'hui encore dans l'architecture des façades et les nom de lieux des vestiges de l'histoire. Depuis 1957 les deux cités sont jumelées et échangent donc sur le plan socio-culturel. Sous l'impulsion de la municipalité de l'époque, une association Chambéry-Turin est créée en 1981 afin de favoriser ces échanges. Aujourd'hui, c'est un nouveau projet qui prend forme par le biais de l'espéranto langue construite afin de faciliter la communication entre personnes de langues natives différentes.

Chaque 15 décembre, à l'occasion du jour de naissance de Zamenhof, l'initiateur de l'espéranto, des espérantistes se réunissent partout à travers le monde. C'était l'occasion pour l'association chambérienne Esperanto Vive et ses alliées d'Alt-Tarenteza Esperanto de se rendre à Turin afin de rencontrer des espérantistes italien-ne-s et découvrir le chef-lieu piémontais. Des Hollandais-e-s, un Espagnol et une Vietnamienne étaient aussi présent-e-s : l'utilisation de l'espéranto, seule langue commune à tous, fut donc de rigueur afin que la cinquantaine de personnes présentes puisse discuter, parlementer, rire et apprendre.
Cette rencontre festive intergénérationnelle, au-delà de son aspect convivial, a permis de mettre en évidence, s'il le fallait encore, que l'espéranto est un excellent outil communicationnel. De nombreux projets pourraient voir le jour entre nos deux villes par le biais de cette langue, qui tend à favoriser des échanges plus équitables. En effet, l'utilisation d'un nombre réduit de langues favorise les pays dont elles sont issues sur tous les aspects de la vie internationale : scientifique, économique, politique, culturel, idéologique etc. De plus, parce qu'elle s'apprend plus facilement que les autres langues, l'espéranto permet à ceux et celles qui ne maîtrisent pas une des langues dominante (comme l'anglais de nos jours) d'être moins exclu-e-s de la communication internationale2. C'est en partie à ceux qui pratiquent la langue de faire en sorte que ces mots ne restent pas que des idéaux théoriques séduisants. Si vous êtes intéressé-e-s par l'espéranto, ou si vous êtes simplement curieux-se, n'hésitez pas à rencontrer l'association chambérienne Esperanto Vive, qui se réunit chaque mercredi soir entre 17h et 20h à la Maison des Associations de Chambéry, ou visitez notre site :
Ni jam �?ojas renkonti vin !
1 L'association No Tav Savoie et son comité de Chambéry présente une documentation intéressante sur le sujet en ligne : http://www.notav-savoie.org/
2 Sur les problémes découlant de l'hégémonie linguistique, on pourra lire avec profit Claude Hagège, Contre la pensée unique, Odile Jacob, 2012. Et sur l'intérêt de l'Esperanto comme alternative communicationnelle, on se délectera de Claude Piron, Le défi des langues, L'Harmattan, 2000 ou du plus pragmatique Rapport Grin - L'enseignement des langues comme politique publique, 2005,

