La multiplication des milliards € : Le nouveau miracle européen !
Nous vous proposons une présentation et une analyse du nouveau Plan d’investissement européen.

Annoncé déjà en juillet 2014, il a été présenté ce mercredi 26 novembre 2014. Un entretien avec Olivier BAILLY, directeur de cabinet de Pierre Moscovici, commissaire aux affaires économiques, monétaire, fiscalité et à l’union douanière, complète le sujet.
Alors que l’ombre fantomatique du «Pacte de croissance» (120 milliards € en 2012) s’est dissipé sans bruit dans les marais de la récession/stagnation, c’est 315 milliards d'euros, sur trois ans, que propose, le Président Junker le mercredi 28 novembre au Parlement de Strasbourg, comme le nouveau drapeau de la relance de l’investissement et de la croissance pour l’ensemble de l’Europe. Par ce que l’investissement étranger s’est retiré de plus 17% depuis la crise de 2008, l’Europe se voit contraint d’imaginer, dans ce climat d’austérité imposé par l’Allemagne, un plan de relance de la croissance .
Objectifs:
-Création de 1,3 million d'emplois supplémentaires d'ici à la fin de 2017 -Obtenir une croissance de 2,3 %

Le mécanisme du Plan
Tout d’abord essayons de comprendre le mécanisme de ce nouveau fond mis en place hier, et baptisé Fonds européen pour l'investissement stratégique. Issue des différents programmes européens, déjà validés et budgétisés, 16 milliards € seront versés dans ce fond.La Banque Européenne d’investissement (BEI) versera, quant à elle, 5 milliards €.
C’est donc 21 milliards € qui seront réunis. et serviront de fonds propres. Les Etats membres, sont fortement encouragés à abonder le fond (non obligatoire) les sommes versés ne seraient pas comptabilisés comme une dette. Cette somme réunie, sera censé produire, comme un effet de levier, d’une part par des emprunts auprès des investisseurs privés ( 65 milliards € ) et d'autre part des investissements directs; Banques, fonds souverains, fonds d’investissement, pour investir dans les grands projets européens. L’effet multiplicateur attendue serait de 15.
Donc les 294 milliards restant ne sont qu’une hypothèse de participation de fonds privés aux projets d’investissement en Europe.
Rappelons que pour la 1 ère fois de son histoire le budget de l’union, sous la contraintes des financiers britannique et allemands, a baissé en 2014. De plus pour garder un ordre de grandeur, souvenons-nous, que près de 3000 milliards ont été investit en 2015 et que le PIB européen est de 15.000 milliards €. (ça calme ! ).
La France qui représente environ 10% du PIB de l’Union ou 20% de la zone euro, n’aurait droit sur ce plan qu’à 700 millions €/ an. C’est pour cette raison que la Commission, invite fortement la France et les pays à abonder ce nouveau fond. Mais comme par un hasard du calendrier, c’est dans la même semaine, c’est à dire demain, Vendredi 28 novembre que Pierre Moscovici va présenter l’avis de la commission sur les budgets de 11 pays dont la France. Si malgre que la France ne soit pas dans les clous, sans surprise, il validera le budget français, en lui laissant un délai d’observation (encore quelques...mois monsieur le bourreau). Il lui prescrira, toutefois selon des sources bien informés, un effort de 4 milliards € pour 2015 (en plus de l’ajustement de 2 milliards € en octobre 2014). Total 6 milliards € de coupes ...avant les fêtes de noël. Des recommandations seront de nouveau émises à la France au printemps 2015. Pour certains ce plan est déjà qualifié d’opération de marketing, quand pour d’autre, comme La confédération européenne des syndicats nous serions en présence « d’un miracle comme la multiplication des pains et des poissons ».

Analyse bête et simpliste.
Même si les taux sont anormalement bas ces temps ci il n’en demeure pas moins que l’Europe va s’endetter encore et toujours auprès des marchés.Si l’Europe, est bien objectivement en panne de liquidités, peut-être que la cause se trouve dans le fait, que l’évasion fiscale, les coûts de la corruption et des fraudes aux cotisation sociales s’élèveraient en Europe à 1.200 milliards € , oui oui, vous avez bien lu mille deux cent milliards € (révélé par Transparency International citant un rapport de la Commission dans l’émission «C’est dans l’Air» France 5) Pour ceux qui n’était pas sur terre durant les 20 dernières années, le pays phare en Europe, pour organiser les fuites criminels des capitaux était le Luxembourg, dirigé pendant ce même laps de temps par Jean Claude Junker (Junker: en allemand désigne historiquement un Seigneur propriétaire terrien), actuel président de la Commission Européenne. Vous avez dit ...faire de la pédagogie ?
En 2018 piqure de rappel où en est-on du "plan Junker" ? : 1-Il s'est vu augmenter pour un total de 500 milliards d'euros d'ici 2020 . 2-Sur les 315 milliards d’euros disponibles 251,6 milliards ont été transformés en financement de projets (au 14/11/2017 – soit 80% de l’enveloppe globale). Les principaux pays membres bénéficiaires du plan Junker sont la France (36,9 milliards d’euros d’investissement), l’Italie (36,7 milliards d’euros d’investissement), l’Espagne (30,8 milliards d’euros d’investissement), l’Allemagne (21,8 milliards d’euros d’investissement) et la Grande Bretagne (19,3 milliards d’euros d’investissement). 60% de l’enveloppe est donc directement alloué au financement de l’économie des principaux pays européens. Ce premier constat est également une des principales critiques du plan Junker qui n’est pas réalisé en cohérence avec le plan global stratégique d’investissement de l’Union européenne qui vise au développement des pays ayant été récemment intégrés et à l’harmonisation globale des économies des pays de l’Union. 3- Il est difficile de savoir si les investissements qu’il sert à financer auraient tout de même eu lieu sans son existence et ses impacts sur l’économie et l’emploi peinent encore à être démontrés pleinement; 4- Certains investissements ont pu aller à l'encontre de directive des politiques publiques de certains Etats. Selon l’ONG Bankwatch, 1,5 milliard d’euros du plan auraient ainsi été affectés à des infrastructures basées sur les combustibles fossiles3, surtout des centrales et des réseaux de distribution de gaz en Italie, en Espagne et en Allemagne. De plus, concernant les transports, 68 % des projets soutenus concernent des aéroports ou des autoroutes. Le rail et les voies d’eau navigables ne se partagent que 30 % du soutien du FEIS !
